Écrit par Hélène Binet

Tous les ans, makesense s’invite dans une dizaine de grandes écoles et d’universités pour faire entrer le monde de l’impact dans les programmes du supérieur. Depuis la mi-mars, tout le dispositif a été réinventé en ligne et s’adapte à des promos de 15 à 360 étudiants.

Le début d’une longue récré vient de sonner. Le 12 mars, le ministre Blanquer annonce la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités jusqu’à nouvel ordre. Chez makesense, également professeur des grandes écoles, c’est l’ébullition. Il faut imaginer de nouveaux formats à distance pour ne pas faire rater une seule intervention aux étudiant.es et, surtout, maintenir l’esprit bien particulier de l’enseignement-maison. 

Chez makesense, on porte des sujets peu enseignés dans les écoles, explique Celia chargée de partenariat, comme l’impact, la découverte des écosystèmes de l’économie sociale et solidaire mais ce qui diffère surtout c’est notre manière d’enseigner. Nous ne sommes pas dans une posture de sachant mais plutôt dans l’échange, la stimulation, l’intelligence collective. Impossible pour nous d’imaginer enregistrer nos cours et de les envoyer aux étudiants. Nos interventions sont une expérience.

24 heures pour se réorganiser
Le grand saut dans le monde de l’enseignement à distance commence le 17 mars avec les 170
étudiant.es de l’EM Lyon engagés dans le programme pédagogique Citizenship project ! La première phase prévoyait une grande session d’inspiration autour des problématiques sociales ou environnementales grâce à l’intervention de personnalités suivie de séances de brainstorming en petits groupes. Malgré la distance, le scénario n’a pas été modifié. Nous avons trouvé les outils numériques pour intervenir en plénière puis répartir ensuite les étudiant.es dans différentes salles virtuelles. Grâce à la fonctionnalité break out rooms de zoom ça a incroyablement bien marché, se félicite Celia. La séance icebreaker/energizer a elle aussi fonctionné malgré l’éloignement. L’assemblée a pris une douche virtuelle collective pour se réchauffer, a crié au même  moment une phrase proposée, a joué, s’est saisi d’objets. Au bout de deux heures, la session s’est terminée par la formalisation de 2 canevas pour établir un premier concept de solution. Les étudiant.es sont repartis avec tous les outils en ligne pour avancer sur leurs projets.

Du côté du PCA (Paris college of arts) et des autres grandes écoles et universités, le passage en ligne est quasiment passé inaperçu. Pour rendre les interventions plus digestes, le temps de cours est passé de 3 heures à 2 heures et celui de travail en pair à pair en dehors des cours a été renforcé. Les étudiant.es peuvent avancer facilement sans nous grâce à nos canevas en ligne, assure Celia. 

Le défi du défi en ligne
Le prochain challenge pour makesense est d’adapter la 4ème édition de l’Innovation Game, le grand défi initialement prévu avec l’Institut Mines-Télécom Business School les 24 et 25 mars 2020. Ce temps fort, destiné à 360 étudiants a pour objectif de les sensibiliser aux enjeux de développement durable à travers la résolution de 10 défis concrets. Nous sommes en train de redéfinir le défi en ligne et de trouver les outils techniques, explique Celia. C’est en bonne voie, il y aura des groupes de travail, des consultations possibles d’experts à distance. Nous allons former 10 enseignants chercheurs à la préparation et à l’animation de l’événement et surtout inventer de nouveaux codes pour maintenir l’émulation nécessaire à cette formule inédite entre le jeu et le défi professionnel. 

Le 30 mars dernier, Jean-Michel Blanquer rappelait qu’une reprise des cours le 4 mai n’était qu’un scénario. Alors chez makesense, on continue de dérouler les plans séquences pour assurer un enseignement en continu et maintenir la motivation des étudiant.es. Pas d’effets spéciaux, pas de doublage. Quand tu incarnes ce que tu dis et que tu ne mens pas, ça transpire, tu ne joues pas un rôle, c’est pour cela que les jeunes ont confiance en nous et continuent de suivre nos cours même à distance, termine Celia. Comme quoi, même si la sincérité se lit pour un temps sur les écrans des ordinateurs des étudiant.es, chez makesense, c’est tout sauf du cinéma !